La dernière des tours côtières du Circeo à avoir été construite, dans la troisième décennie du XVIIe siècle, pour compléter le système défensif contre les pirates lancé au siècle précédent par la papauté. Contrairement aux quatre premières tours, voulues directement par Pie IV en 1562, Torre Vittoria fut édifiée alors que la défense du promontoire était déjà consolidée, fermant idéalement la chaîne de guet côtier qui allait de Torre Paola à Torre Cervia.
Torre Vittoria fut construite à la fin des années 1620 sur un site déjà bâti par les Romains. Dans les documents et les annales, son nom varie souvent en Santa Vittoria, tour de San Felice ou Torrenova ; elle fut sans doute ainsi nommée après la victoire de Lépante ou, selon d’autres sources, après un combat victorieux contre des pirates. Elle a une base carrée de 9 mètres de côté, orientée avec un angle vers le rivage pour mieux esquiver les projectiles. Sa base très large, en forme de talus, porte deux étages surmontés d’une place d’armes. Le premier étage abritait un magasin et une citerne d’eau de pluie, le second était habitable. Pour rendre la tour imprenable, les architectes avaient conçu un escalier très particulier, avec un vide de plus de deux mètres entre les volées, bien protégé par un pont-levis. La tour fut le théâtre d’innombrables combats, notamment en 1808 lorsque, en pleine nuit, répondant à l’appel au secours d’une tartane livournaise chargée de vin, la garnison attaqua la frégate anglaise qui poursuivait les Ligures. Submergés par l’artillerie, les Anglais s’éloignèrent et appelèrent en renfort sept autres navires de leur flotte. Dans la fureur de la bataille, la tour fut touchée d’innombrables fois et en porte encore de graves marques, mais sa force resta intacte : elle dispersa toute la flotte ennemie et endommagea gravement un navire, qui coula au large de la côte de Caprolace.